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Les Bogolans: expositions d'Art Malien
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Les Bogolans d'Adolphe DEMBELE
Sikasso, Mali
(présentés par Stéphane RIFFARD)


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Les bogolans et leur fabrication


La technique « bogolan » (du bambara " bogo " la terre et " lan " avec) est ancestrale et typiquement malienne. Il s’agit d’une teinture réalisée sur coton. Les femmes maliennes lavaient leur linge dans les marigots, et le faisait sécher en l’étendant sur le sol. Elles se sont aperçues qu’en le recouvrant de terre il était possible de le teinter de manière indélébile en noir. Ainsi les premiers motifs de bogolans étaient de simples points ou traits ornant les pagnes (tissu vestimentaire féminin s’attachant autour de la taille)

Dans une première étape, le tissu est teinté par une décoction obtenue de feuilles et écorces d’arbres (arbres « n’galama » ou « m’bégou » en langue bamabara). Cette coloration peut être plus ou moins accentuée en fonction du nombre de passages, de la durée d’exposition au soleil, de la qualité des feuilles, de l’époque ou sont prélevées les feuilles. Elle sera la couleur de fond du bogolan, mais surtout, en raison de la forte concentration en tanins de l'extrait, elle sert de fixatif pour la terre qui va ensuite servir à la réalisation des motifs.

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La terre ferrugineuse utilisée pour dessiner les motifs, dépourvue de sable, est prélevée dans le lit des rivières ou les mares. Dans l’atelier, elle est diluée de manière à être applicable au pinceau ou à la plume. Des recettes particulières et gardées secrètes par chaque artisan visent a donner à la boue des propriétés spécifiques

La réalisation d’un bogolan prend plusieurs jours. Un séchage sépare chacune des trois étapes de coloration à la boue. La couleur blanche n’est pas obtenue de manière naturelle comme les autres couleurs du bogolan. Elle répond seulement à un critère esthétique. Elle constitue la dernière étape de la réalisation du bogolan, et nécessite l’application de savon et d'eau de javel.

Le vrai bogolan ne déteint pas et résiste très bien au lavage, mais perd un tout petit peu de son éclat à chaque fois.

Le bogolan est encore très largement utilisé au Mali, notamment pour les costumes traditionnels. En effet, l'antibiotique naturel contenu dans les feuilles de "galama" explique que les tissus bogolan sont traditionnellement portés par les jeunes circoncis. On leur attribue des vertus soignantes.

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L'artiste

Adolphe DEMBELE habite Sikasso, région Sud-Est du Mali. Il réalise des bogolans depuis plusieurs années, et aussi des cartes postales en aquarelle.

Ses activités lui permettent de subvenir aux besoins de sa famille. Il a trois enfants, tous scolarisés (détail non négligeable au Mali !), l’aîné commence à s’initier aux travaux de son papa.

Son atelier est très rudimentaire, avec un néon alimenté par une batterie de voiture pour toute source d’électricité afin de travailler le plus tard possible. Il obtient la plupart de ses outils de travail d’expatriés ou touristes sensibles à son travail.

Il existe différents styles de bogolan, la particularité des travaux d’Adolphe Dembélé réside dans le fait que les traits de ses dessins sont très fins, ce qui n’est pas évident à mettre en œuvre quand on sait que c’est de la boue qui sert d’encre.

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Chaque bogolan est une pièce unique. Adolphe les réalise souvent en série de dix ou vingt. En plus des modèles « classiques » qu’il propose aux touristes, il réalise des bogolans sur demande, à partir de photographies, dessins, etc. Il a récemment réalisé des nappes, housse de coussins, rideaux, etc. Il espère effectuer son premier voyage en France en décembre 2005 pour participer aux marchés de Noël.

Parmi les types principaux de bogolans, on peut citer en premier ceux purement décoratifs, à base de motifs et de formes géométriques. Le second type, celui qu’Adolphe Dembélé affectionne, est celui des représentations de la vie quotidienne. Ainsi on retrouve des scènes de chasse, de danse,etc.

Adolphe fait souvent hommage aux femmes, qui puisent l’eau et la portent, les femmes qui pilent le mil, qui font la lessive, etc.


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Stéphane RIFFARD

Stéphane RIFFARD, travaillant comme biologiste au sein de l’ONG "Pharmaciens Sans Frontières" a été en poste à Sikasso (sud-est du Mali). Lors de ses activités extra-professionnelles, attiré par l’art africain, il y a rencontré Adolphe DEMBELE, artiste en bogolan, avec qui il a lié des relations d'amitié et qu'il a décidé d'aider à faire connaître en France.
Stéphane RIFFARD est un photographe amateur depuis de nombreuses années. Ses préférences vont vers le portrait et les paysages en noir et blanc. Il nous confie:
"Il n’est pas facile de faire des portraits de maliens. Ces habitants généreux et très accueillants, qui sourient sans cesse, se figent systématiquement devant l’objectif, et «voler une photo» peut attirer des ennuis. C’est à force de passer du temps dans les familles d’amis que j’ai réussi à obtenir ces quelques portraits.
La seconde difficulté est celle des conditions météo peu propices au travail de laboratoire photo à cause de la poussière et de la chaleur."
Stéphane RIFFARD participera prochainement aux rencontres africaines de la photographie à Bamako.

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Danseurs du pays Dogon. Photos de S. Riffard



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